20·4·16 – UNE SOIRÉE EN APPARTEMENT CHAUFFÉ – carte blanche wild silence

LES APPARTEMENTS CHAUFFÉS

avril 20, 2016 – 18h – 3 euros

Soirée fauve en appartement chauffé, ladestructiondesespacesvides accueille Wild Silence.

Créé en 2012 par la musicienne Delphine Dora, le label français Wild Silence perfectionne un artisanat amoureux du disque et de la musique alignant, au sein d’une douzaine de sorties, les pianos bavards du compositeur Thomas McDonas, le folk noir mâtiné de field recording de Monteisola, le lo-fi orchestral de Richard Moult, le songwritting spacieux de Sophie Cooper, l’électronique abstraite de Susan Matthews et de Rainer Lericolais… pour ne citer qu’eux.

DEV laisse donc carte blanche à Delphine Dora pour une soirée (re)découverte du label. L’occasion également de fêter la toute dernière sortie Wild Silence, Transbluency, projet solo de Claire Vailler (Midget!).

« Pourquoi Wild Silence ? car j’aimais l’alliance entre les deux, la sonorité, mais ces deux dimensions m’ont toujours intéressée d’un point de vue musical aussi. […]
Le terme « wild » collait bien : c’est un aspect qui m’intéressait assez, cette exploration de la marge ; [l’idée] de sortir des musiques non formatées, non domestiquées, plutôt brutes et spontanées. S’il y a un point commun entre les musiques, au-delà des esthétiques diverses, c’est que la plupart des disques sont essentiellement faits à la maison, dans un environnement domestique. Certains disques de Wild Silence sont plus portés sur l’improvisation, une certaine idée de la spontanéité (cf. les archives sonores de Thollem McDonas) ; certains disques sont créés dans des lieux reclus ou tirent leur inspiration d’un espace et mettent l’accent sur des éléments extra-musicaux comme les field recordings, les musiques faites en extérieur.
Et pourquoi le silence ? A l’époque de la première sortie, on s’était donné comme contrainte sonore l’exploration des silences, des nuances. C’est un aspect qui m’a toujours intéressée. C’est une dimension que j’ai surtout mise en exergue dans le duo avec Bruno Duplant « Inner Fields ».
Plus que d’esthétiques à proprement parler, le label Wild Silence est un label qui réunit des expressions « silencieuses » au sens où elles ne sont pas forcément visibles, entendues, « médiatiques ». Il s’agit de leur redonner une attention presque sacrée, d’écouter ces musiques comme si l’on pénétrait dans une intimité, une sauvagerie discrète et secrète. »
Delphine Dora —

DELPHINE DORA

Delphine Dora est un électron libre de la scène française. Sa musique est un mouvement constant qui se fixe rarement et suit au plus près les tribulations physiques et intérieures de celle qui la fait naître. C’est une musique de l’instinct, nourrie pourtant par une science particulière qui semble avoir constitué en catalogue toutes les richesses que l’oreille peut soutirer au monde et à la grande communauté des faiseurs de bruit. Impossible de présenter ici une discographie tant la production de la musicienne est impressionnante : il y a la mise en voix et musique des poèmes de Walt Whitman et Sylvia Plath, l’expérimentation free soutenue par ses collègues Chagas / Duplant, du songwriting, des disques instrumentaux, des disques en langue inconnue, des enfants musiciens, des projets joyeusement collectifs, une reprise des folk songs de Berio avec Eloïse Decazes, des expérimentations vocales et instrumentales dans une église en compagnie de Sophie Cooper, etc. Et Delphine n’est pas près de s’arrêter là.

TRANSBLUENCY

Transbluency est le projet de Claire Vailler – moitié de l’insaisissable duo Midget ! Son premier album éponyme sort ce mois-ci sur Wild Silence et propose les versions actualisées de chansons écrites, pour la plupart, il y a de nombreuses années (et sorties glorieusement des poussières il y a peu). A la fois familier et étrange, infatigablement oblique, le songwriting de la musicienne est un langage économe de voix et de guitare, traversé de nombreuses subtilités qui font vibrer l’oreille : déplacement en demi-tons, chœurs débarqués d’un autre monde, guitare d’un blues argenté. Transbluency est accessible sur la note mais faufilé entre les teintes, plein de cette intelligence musicale qui d’une mansarde fait des mondes.

MYRIAM PRUVOT

Myriam Pruvot est une exploratrice aux champs d’investigations multiples et variés (plastiques, sonores, vocaux, dansant, etc.). Son album N I E B L A, sorti il y a trois ans sur le label Wild Silence, combine captation, recherche et édition sonores avec un travail de création musicale qu’on pourrait qualifier de songwriting libre ou improvisé, capable de générer autour de son auteur un de ces univers minimaliste, cohérents et singuliers comme on en rencontre rarement. N I E B L A, c’est noir. C’est l’absorption, la création et la ré-imagination d’un pays insulaire (une île chilienne pour être précis) ; c’est aussi une quête de sens et d’intensité, qui questionne la distance et le temps, toutes les formes d’errements, de flottements; qui interroge également la position et le rôle du musicien dans la cartographie du monde sensible.